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Les Guerres de l’opium, ou comment la Chine a été droguée par l’Occident pour le contrôle du commerce de thé / Partie 1 : Le Contexte

par | Actualisé le 9 juin 2017 | Publié le 20 mai 2017 | Histoire / Géographie | 0 commentaires

Les Guerres de l'Opium

Derrière ce titre violent se cache une part violente de l’Histoire. “Se cache” car nous ne l’apprenons pas à l’école, l’Occident oublie. Mais la Chine, elle, s’en rappelle très bien. Robert Brasillach écrivait que “l’Histoire est écrite par les vainqueurs“, et c’est bien de cela dont il retourne. Car les guerres de l’opium ont fait 120 millions de morts en Chine, soit plus que les deux guerres mondiales réunies, aussi bien en nombre qu’en proportion de la population totale (120 millions pour 1 milliard contre 50 millions pour 2,5 milliards).

Comprendre cette part sombre de l’histoire de Chine permet de mieux comprendre aussi son comportement économique agressif actuel.

Qu’est-ce que l’opium ?

Bon, on n’apprend rien à personne si on dit que l’opium c’est de la drogue et que la drogue c’est mal (m’voyez ? ). Au-delà de cela, connu depuis les Sumériens (1), l’opium est une drogue issue du pavot (de la même famille que le coquelicot), qui se présente le plus souvent sous forme de pâte noire qui généralement se fume (elle peut aussi s’injecter mais entraine alors de graves douleurs et infections). L’opium est aussi le précurseur d’un tas d’autres drogues dont on ne connait que trop bien les ravages : l’héroïne, la morphine, la codéine… Vous l’aurez compris, l’opium entraine une forte dépendance, annihile la volonté, réduit l’espérance de vie, coûte cher… Ce qui en fait l’arme de destruction économique, politique et sociale idéale de l’Empire Britannique.

Un champ de pavot
De l'opium sous forme de pâte
Fumeurs d'opium

Le contexte

Souvenez-vous, nous en parlions brièvement dans notre billet à propos de la véritable histoire du thé à travers les siècles. Au 19 ème siècle, la Chine est le seul producteur et exportateur de thé tandis que la consommation mondiale (particulièrement occidentale) de cette boisson est en plein essor. La Chine profite alors de son monopole et pratique des tarifs prohibitifs. Elle réglemente l’accès à ses ports et refuse d’échanger le thé contre des étoffes. C’est dans ce contexte que les Anglais vont organiser un commerce d’opium dans le pays afin de disposer d’un levier de négociation.

Armoiries de la Compagnie des Indes Orientales

Dès 1773, les Anglais obtiennent le monopole de la vente d’opium en Chine et en maitrisent la production. Il est en effet cultivé au Bengale, au Bihâr et au Malwa, régions indiennes sous contrôle britannique.

Aux alentours de 1750, La Compagnie des Indes Orientales en introduit de force la monoculture, provoquant ainsi la ruine de millions d’agriculteurs bengalis. Le gouverneur du Bengale note la dangerosité du produit pour la société britannique et considère l’opium comme “un produit de luxe et de corruption qui ne devait être autorisé qu’à l’exportation hors des frontières anglaises “.

Au début du 19ème siècle, le commerce illicite de l’opium devient sans surprise la principale activité entre l’Inde britannique et la Chine.

Dans les années 1820, l’objectif est atteint, la balance commerciale avec l’Occident s’est inversée au détriment de la Chine, en raison de l’importation massive d’opium. Il y a alors 2 millions de fumeurs d’opium en Chine.

Lin Zexu et le tournant de 1839

Au sein de la cour, il y a des partisans et des adversaires de l’opium : certains veulent légaliser la production chinoise, d’autres voient le problème financier que la drogue va poser à la Chine. L’Empereur de l’époque, Daoguang, demande alors conseil à une dizaine d’experts. Un rapport est présenté par Lin Zexu, gouverneur général des provinces de Hubei et Hunan. Partisan de l’ouverture de la Chine et farouche adversaire du trafic, il prône la confiscation des stocks d’opium et accessoires de l’opioman. En 1838, l’Empereur le nomme commissaire impérial de la province du Guangdong (Canton, port par lequel l’opium est importé). Il aura alors pour tâche de mettre un terme à l’usage de l’opium.

Début 1839, Lin Zexu établit à Canton la liste de toutes les fumeries d’opium, de leurs tenanciers et des revendeurs. Il confisque tous les stocks de la ville et ordonne à leurs propriétaires de venir échanger leur opium contre du thé. Ils s’engagent aussi par écrit à renoncer au commerce (quel qu’il soit, commerce de l’opium compris) avec les Chinois, les propriétaires étant tous étrangers.

En avril 1839, il fait parvenir à la Reine Victoria une lettre l’informant de l’interdiction en Chine de la consommation d’opium. Il lui demande alors d’en cesser le trafic. En juin de la même année, la drogue saisie est détruite (1 188 tonnes) et un règlement du port de Canton précise que les bateaux étrangers seront fouillés. Au nom de la défense du commerce, le Premier ministre de la Reine Victoria convainc le Parlement britannique d’envoyer un corps expéditionnaire à Canton, déclenchant alors la première guerre de l’opium…

Portrait de Lin Zexu

La suite de cet article sur les guerres de l’opium, l’histoire de la première guerre de l’opium, est lisible ICI !

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1 : Le but ici n’est pas de parler de l’opium. Toutefois, si vous êtes intéressés par son histoire, vous pouvez trouver plus d’informations sur Médiapart ou sur le site de Didier-Pol.

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