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Les Guerres de l’opium, ou comment la Chine a été droguée par l’Occident pour le contrôle du commerce de thé / Partie 2 : La Première Guerre

par | Actualisé le 13 juin 2017 | Publié le 22 mai 2017 | Histoire / Géographie | 0 commentaires

Les Guerres de l'Opium

Souvenez-vous, il y a quelques jours nous vous présentions le contexte historique dans lequel se sont ancrées les guerres de l’opium. Si vous n’avez pas lu cette première partie, nous vous invitions d’ailleurs à le faire avant de lire cet article.

Aujourd’hui, nous allons voir en détail la première guerre de l’opium !

La première guerre de l’opium

La première bataille navale de la guerre de l’opium a lieu le 4 septembre 1839 dans la rade de Hong Kong. La marine anglaise, largement supérieure en technique et en nombre à la marine chinoise, l’emporte. Un autre affrontement à Chuenpi montre la faiblesse des jonques de guerre chinoise. Lin Zexu interdit le port de Canton aux Britanniques en décembre 1839. En janvier 1840, l’Empereur le fermera définitivement aux Britanniques.

Première guerre de l'opium : Bataille de Hong Kong
Première guerre de l'opium : Bataille de Chuenpi

En juin 1840, une escadre britannique se positionne au large de Canton tandis qu’un croiseur bombarde le port et occupe l’archipel voisin des Chousan. Cette attaque britannique sur Canton sera sans succès puisque Lin Zexu a fait ériger des pieux retenus par des chaines dans le port, de sorte à empêcher les navires d’accoster. En revanche, c’est en face de Canton, sur une île de pêcheurs qui deviendra Hong-Kong, que les Britanniques font une tête de pont. C’est en juillet 1840 que les combats commenceront réellement, lorsque deux frégates britanniques déferont 29 navires chinois…

Ile de Hong Kong au 19ème siècle

Rapidement, les Chinois perdent Guangzhou, puis Ningpo et le poste militaire de Chinhai. Les Britanniques contrôlent toute la région de Canton. Yishan demande l’armistice et une convocation d’armistice (convention sur le rachat de Canton) est signée le 27 mai 1841. Elle engage les Chinois à racheter Canton 6 millions de dollars aux Britanniques (dont un million le jour même), mais elle repose sur un double malentendu utilisé par les diplomates britanniques : les Chinois considèrent cette action comme un prêt commercial et les Britanniques n’ont pas renoncé à l’indemnisation des stocks d’opium et à Hong Kong.

En août 1842, voulant augmenter la pression, une escadre britannique remonte le Yangzi Jiang jusqu’à Nankin, obligeant le gouvernement à capituler et à signer le traité de Nankin le 29 août 1842. Il donne aux Britanniques le libre commerce de l’opium et surtout la concession de l’île de Hong Kong.

Peu de temps après, d’autres nations, telles que les Etats-Unis d’Amérique et la France, demandent les mêmes privilèges que ceux accordés au Royaume-Uni. En 1842, les USA revendiquent les mêmes droits commerciaux et légaux et les obtiennent en 1844 par le traité de Wangxia. Avant la guerre de l’opium, les Français étaient mal placés commercialement mais ils obtiennent les mêmes droits en octobre 1844 par le traité de Whanpoa. Ils obtiennent également le droit de construire des églises et des cimetières ou encore d’évangéliser.

Face à la prise de Hong-Kong, la cour chinoise prend peur, condamne Lin Zexu à l’exil et le remplace par Qishan. Ce dernier perd les négociations avec les Britanniques et doit faire démolir les fortifications de Lin, dissoudre la milice en novembre 1840 et réduire le nombre de soldats. Il refuse cependant trois revendications : la reprise du commerce avec le Royaume-Uni, le remboursement des stocks d’opium détruits et la céssion de Hong-Kong.

Mécontents, les Britanniques attaquent quelques fortifications et s’en emparent. Qishan prend peur et finit par accepter. Il sera destitué par la Cour Chinoise (puis exécuté en février 1841), remplacé par Yishan et l’Empereur déclarera la guerre à la Grande-Bretagne le 29 janvier 1841.

Les clauses du traité de Nankin

  • La cession de Hong Kong qui deviendra une place militaire et économique
  • 5 ports sont ouverts : Xiamen, Canton, Fuzhou, Ningbo et Shanghai. Les Britanniques obtiennent aussi le droit de s’installer dans ces ports et d’y vivre avec leur famille (pour les marchands). Le traité de Humen autorisait également la construction d’édifices dans ces ports
  • Indemnités de guerre (frais + opium) : 21 millions de yuans, soit 1/3 des recettes du gouvernement impérial. Échéancier de 4 ans
  • Douanes : les commerçants britanniques sont assujettis au paiement de droit sur les importations et exportations, le montant est désormais fixé par les Chinois et les Britanniques
  • Droit de la juridiction consulaire : en cas de litige entre un Chinois et un Britannique, une juridiction britannique tranchera sur base des lois britanniques
  • La nation la plus favorisée : si la Chine signe un traité avec une autre puissance, le privilège accordé à la nation en question sera de fait accordé au Royaume-Uni

La suite et fin de cet article sur les guerres de l’opium, la deuxième guerre de l’opium, est lisible ICI !

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