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Les Guerres de l’opium, ou comment la Chine a été droguée par l’Occident pour le contrôle du commerce de thé / Partie 3 : La Deuxième Guerre

par | Actualisé le 18 juin 2017 | Publié le 24 mai 2017 | Histoire / Géographie | 0 commentaires

Les guerres de l'opium : deuxième guerre

Il y a quelques jours, nous vous présentions le contexte historique dans lequel se sont ancrées les guerres de l’opium, suivi de l’histoire de la première guerre de l’opium. Si vous n’avez pas lu ces deux premières parties, nous vous invitions d’ailleurs à le faire avant de lire cet article.

Aujourd’hui, nous allons voir en détail la deuxième guerre de l’opium, conclusion de notre saga !

La deuxième guerre de l’opium

La victoire facile des Britanniques affecte gravement le prestige de la dynastie Qing et contribue au déclenchement d’une très grave révolte, la rébellion Taiping (1850-1862). En effet, le paysan Chinois ne peut plus supporter l’insuffisance de terres, l’accroissement des charges fiscales (pour payer les indemnités de guerre), la dépréciation de la monnaie… Cette révolte fera presque basculer l’Empire. En 1854, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis contactent les autorités chinoises et demandent des révisions des traités (pouvoir pénétrer dans Canton, légaliser le commerce de l’opium, étendre le commerce au Nord de la Chine…). La cour impériale, déjà fragilisée, rejette toutes les demandes de révision.

Le Palais d'Eté avant qu'il ne soit mis à sac
Le Palais d'Eté pendant la mise à sac
Le 8 octobre 1856, des officiers chinois abordent l’Arrow, un navire anglais enregistré à Hong Kong, suspecté de piraterie et de trafic d’opium. Ils capturent l’équipage et les Britanniques demandent la relaxe des marins, sans succès. L’insulte faite au drapeau britannique par les soldats de l’Empire Qing est invoquée. Les Britanniques décident alors d’attaquer Canton et les forts alentours. Les soldats Chinois ont ordre de ne pas résister tandis que les navires de guerre américains bombardent Canton. Mais la population de Canton résiste à l’attaque et force les assaillants à battre en retraite vers Humen. Le parlement britannique exige alors de la Chine réparation pour l’incident de l’Arrow et demande à la France, aux États-Unis et à la Russie de participer à une intervention multinationale. La Russie seule reste à l’écart.
Le Palais d'Eté pendant la mise à sac
Ce qu'il reste aujourd'hui du Palais d'Eté
Le 28 décembre 1857, les flottes anglaises et françaises prennent Canton. Le 16 mars 1858, l’amiral français quitte Canton avec l’escadre pour la Chine du nord et, agissant avec les Anglais, s’empare des forts de Ta-Kou le 20 mai 1858 avant de remonter le Peï-ho jusqu’à Pékin. Le 24 juin 1859, les forces franco-anglaises tentent de pénétrer dans Tianjin et se font refouler, mais la prendront le 2 septembre 1860. Le 5 octobre 1860, les deux armées anglaise et française campent sous les murailles de Pékin et pillent le « Palais d’été ». Le 13 octobre, Pékin tombe. Le 17 octobre, le « Palais d’été » est incendié. Le 24 octobre 1860, la Chine capitule et signe la Convention de Pékin.

Après les guerres de l’opium

Les révoltes paysannes finiront par ébranler l’empire qui devient une république le 12 février 1912, avec l’abdication du dernier Empereur de Chine, Puyi, alors âgé de six ans. Avec les Incas et les Amérindiens confrontés à l’alcool, les guerres de l’opium constituent un premier « modèle » de l’action d’une substance psychotrope qui se trouve imposée par une nation à une autre. Dans les années 1900, les ravages de l’opium sont considérables puisque près de 25 millions de personnes dans le monde sur 1 milliard sont consommatrices régulières, à comparer avec la situation en 2016 où ce sont 30 millions de personnes parmi 7 milliards qui sont dépendantes des drogues.

Pillages, famines, répressions, dureront un siècle, de 1840 à 1949. Les chercheurs anglo-saxons évaluent le nombre des victimes dans une fourchette oscillant entre 120 et 150 millions. L’arrivée de Mao au pouvoir, avec son effroyable bilan de 80 millions de morts, ne met pas non plus fin aux souffrances des Chinois.

Les clauses du traité de Pékin

La Convention de Pékin fait suite à une longue liste de traités qualifiés par les Chinois de « traités inégaux » :

 

  • Onze ports, dont Canton, Shanghaï, Hankou et Tianjin, sont ouverts au commerce.
  • Les droits de douane sont limités à un maximum de 5 %. Les Occidentaux ont le droit de circuler à l’intérieur du pays et acquérir des propriétés foncières sans payer plus de 2,5 % de taxes.
  • La Grande-Bretagne acquière la presqu’île de Kowloon en 1860 et obtient en 1898 un bail de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (80 % du territoire Hongkongais) et sur 235 îles au large de Hongkong.

Aujourd’hui, pour les Chinois, le Parti Communiste a fait de cette nation de paysans soumis et affamés la première puissance industrielle et financière du début du 21ème siècle et a redonné à la Chine la fierté et la souveraineté perdue à Nankin.

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