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Les quatre beautés de la Chine antique

par | Actualisé le 14 juillet 2017 | Publié le 23 août 2016 | Mythes et Légendes | 0 commentaires

Les quatre beautés de la Chine antique

Dans l’antiquité chinoise, les quatre grandes beautés (四大美人) étaient les quatre plus belles femmes. Elles acquirent leur réputation par l’influence qu’elles exercèrent sur les rois et empereurs de leur époque, donc par l’influence que leurs actions eurent sur leur monde. Trois des quatre beautés mirent le royaume à leurs pieds et chacune finit sa vie tragiquement ou mystérieusement.

Elles vécurent chacune à une époque et sous une dynastie différente, à des centaines d’années d’intervalle. Chronologiquement, elles sont : Xi Shi, que l’on dit si belle que poisson aurait oublié comment nage et qui a donné son nom à un modèle de théières particulièrement bien adaptées aux thés roulés ; Wang Zhaojun, dont la beauté aurait poussé les oiseaux en plein vol à tomber du ciel ; Diao Chan, si lumineuse de beauté que la lune se serait cachée en voyant son visage ; et enfin Yang Guifei, dont le visage rendait honteuses toutes les fleurs. De ces femmes, seule Diao Chan est un personnage fictif, issu du roman Les Trois Royaumes.

Les dix signes de beauté de la Chine Antique

Si la conception de la beauté a beaucoup changé au cours des différentes périodes de l’histoire de la Chine, les 10 caractéristiques suivantes ont continuellement été considérées comme des signes de la beauté :

Les cheveux noirs brillants ;
Les cheveux vaguement enroulés sur la tête pour créer l’apparence d’une plus grande hauteur ;
La forme fine des sourcils noirs. Pendant la dynastie des Tang, de nombreuses femmes se rasaient les sourcils, puis dessinaient les sourcils avec un pigment ;
De grands yeux brillants et expressifs ;
Un rouge à lèvres et les dents blanches. En plus de la beauté, cela a été considéré comme un signe de bonne santé ;
Des doigts et des bras gracieux. Une jolie femme devait avoir les mains bien formées, fines, des doigts et des bras souples, équilibrés et charnus ;
Une taille mince et la peau claire. Tout au long de l’histoire, les femmes ont toujours désiré une silhouette svelte ;
Des petits pieds et une démarche élégante ;
Des vêtements selon le teint, la silhouette et le tempérament ;
Un corps parfumé. On dit d’une concubine de l’empereur Qian Long Qing (1711-1799) qu’elle dégageait un parfum naturel.

Les Quatre beautés, XIIIe ‑ XIVe siècles, Musée de l'Ermitage
Xi Shi

Xi Shi (VIe et Ve siècles avt JC)

Xi Shi vécut à la fin de la Période des Printemps et des Automnes, à une époque nommée Période des Royaumes combattants car beaucoup de royaumes s’y faisaient la guerre.

Parmi les nombreuses anecdotes auxquelles le nom de Xi Shi est associé figure celle des rois Gou Jian et Fu Chai. Le roi Gou Jian du royaume Yue fut vaincu à la bataille par le roi Fu Chai du royaume voisin de Wu. À la condition de reconnaître Fu Chai comme son suzerain, il fut rapidement libéré, mais en resta néanmoins humilié. Afin de se venger, Gou Jian recruta Xi Shi, la femme la plus belle de son pays, et la forma dans les voies de l’espionnage et de la séduction. Puis en -490 il envoya Xi Shi à la cour du roi Fu Chai, comme un cadeau fait à son suzerain, sachant que Fu Chai ne savait résister à une jolie femme. Totalement ensorcelé par la beauté et la douceur de la belle Xi Shi, Fu Chai ne tarda pas à se détourner des affaires de son royaume. Sous son influence, il fit même exécuter le Général Wu Zixu, son meilleur conseiller. Peu après, le roi Gou Jian pu lancer une offensive victorieuse contre Fu Chai dont il conquit le royaume. Fu Chai se suicida. Après quoi, Xi Shi disparut. Il existe plusieurs légendes sur la suite de sa vie. Selon une première, Xi Shi se serait noyée dans le lac Taihu (près de Suzhou). Une autre légende veut qu’elle se soit retirée avec Fan Li, un des ministres de Gou Jian également disparu à cette époque, pour vivre heureuse de longues années dans un bateau de pêcheur du même lac Taihu, selon une version, ou dans une île de ce lac d’après une autre version.

Wang Zhaojun (Ie siècle avt JC)

En 33 av. J.-C., Hu Hanxie, le chanyu des Xiongnu, se rendit à Chang’an (actuellement Xi’an) pour rendre hommage à l’empereur de Chine. Il profita de cette occasion pour exprimer son désir de devenir un gendre de l’empereur (tradition du heqin). Au lieu d’honorer le chanyu avec une princesse, on lui montra cinq femmes du harem impérial dont l’une d’entre elles était Wang Zhaojun.

D’après le Livre des Han postérieurs, Wang Zhaojun fut volontaire pour rejoindre le chanyu. Quand elle fut convoquée à la cour, sa beauté surprit et l’empereur faillit reconsidérer sa décision de l’envoyer auprès du chanyu Xiongnu.

Wang Zhaojun devint une favorite de Hu Hanxie, donnant naissance à deux fils. Seul l’un d’eux survivra, Yituzhiyashi. Ils eurent aussi au moins une fille, Yùn (nuage), qui devint la princesse Yimuo et plus tard devint une personnalité majeure du monde Xiongnu. Quand Hu Hanxie mourut en 31 av. J.-C., Wang Zhaojun souhaita revenir en Chine. L’empereur Han Chengdi, cependant, lui ordonna de suivre la coutume du lévirat xiongnu et de devenir l’épouse du fils aîné de son mari. De ce mariage, elle eut deux filles.

Wang Zhaojun
Diao Chan

Diao Chan (IIe siècle)

Diao Chan est une danseuse et une musicienne dont le talent n’a d’égal que sa beauté. Elle serait la fille adoptive de Wang Yun, un ministre de la cour de l’Empereur Xiandi (dynastie des Han Orientaux).

Wang Yun ne pouvant plus supporter la politique tyrannique de l’auto-proclamé Premier Ministre Dong Zhuo, qui détient la réalité du pouvoir, met au point un stratagème pour envenimer les relations entre Dong Zhuo et son plus dangereux général, Lu Bu, afin que ce dernier tue le despote. Son plan consiste à proposer Diao Chan (qui n’a alors que 16 ans) en concubinage à Lu Bu puis à Dong Zhuo.Il en parle à Diao Chan, qui se sentant redevable envers son père adoptif accepte. Ainsi après avoir proposé Diao Chan en concubinage aux deux protagonistes, et avoir laissé Dong Zhuo la prendre avec lui, Wang Yun fait croire à Lu Bu que le tyran était au courant que la jeune fille était déjà promise au général. Lu Bu se sentit trahi mais ne réagit pas immédiatement. À partir de ce moment, tout est entre les mains de la charmante et rusée jeune fille. Elle joue subtilement avec les émotions des deux hommes, créant ainsi une haine profonde entre eux. Finalement, après que Wang Yun, le sentant mûr pour passer à l’acte, le lui a suggéré, Lu Bu tue Dong Zhuo en 191.

Après la mort de Dong Zhuo, Diao Chan devient la concubine officielle de Lu Bu, et Wang Yun prend le contrôle de la cour impériale, mais pour un court moment. Peu de temps après en effet, Li Jue et Guo Si (deux anciens officiers de Dong Zhuo) éliminent Wang Yun et mettent Lu Bu en exil. Diao Chan le suit dans cette fuite. Après la capture et l’exécution du général par Cao Cao (qui a chassé Li Jue et Guo Si du palais de l’Empereur) en 198, rien n’est précisé sur ce qu’il advient de Diao Chan.

Yang Guifei (VIIIe siècle)

Yang Yuhuan, connue généralement sous le surnom de Yang Guifei, était la concubine favorite (c’est le sens du mot guifei) de l’empereur Xuanzong des Tang, qui régna de 712 à 756. Bien qu’elle ait été une concubine de haut rang, elle ne s’est jamais mêlée de politique.

Yang Yuhuan a vécu sous la dynastie Tang, période caractérisée par l’ouverture d’esprit et le libéralisme, ce qui permit aux femmes de bénéficier d’un environnement social calme et d’une certaine indépendance. En plus de son extraordinaire beauté, Yang Yuhuan était reconnue pour ses talents de danseuse et de musicienne. Très éprise de Xuanzong, ils étaient considérés comme inséparables.

Sa famille profita de la faveur qui lui était accordée et souffrit d’un conflit de pouvoir avec le général An Lushan. Celui-ci déclencha en 755 une rébellion qui mit l’empire à feu et à sang, prit Luoyang et marcha sur la capitale Chang’an, l’actuelle Xi’an. Il faut ajouter que les relations entre Yang et Xuanzong suscitaient une grande désapprobation de la part des membres de la cour.

L’empereur s’enfuit vers le Sichuan avec Yang Guifei et sa famille. Yang Yuhuan fut forcée de se pendre sous les yeux de l’empereur. Inconsolable, il abdiqua en 756 en faveur de son fils Suzong qui entreprit la reconquête du pouvoir.

Yang Guifei
N

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