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Quatre légendes sur l’origine du thé

par | Actualisé le 26 septembre 2017 | Publié le 23 septembre 2016 | Mythes et Légendes | 0 commentaires

Dans de nombreuses cultures asiatiques, nous trouvons des traces historiques et des légendes sur les origines du thé. Nous parlerons ici des légendes : la légende chinoise d’abord, faisant intervenir l’Empereur Shen Nong ; les légendes japonaise et indienne ensuite, dont le protagoniste est le Prince Bodhidharma, de la dynastie Pallava ; une légende inattendue enfin.

Origines du terme

A l’origine, le sinogramme pour le mot thé a deux prononciations différentes :  “ch’a“, en mandarin et cantonnais, qui vient du verbe “cueillir”, et “t’e” en dialecte chinois Minnan pratiqué dans l’actuelle région de Xiamen, au sud-est de la Chine.

La découverte du thé dans les différentes parties du monde s’est faite au travers des routes de la soie, maritimes ou terrestres. La route maritime, mise en place par les Hollandais, partait de la région de Xiamen pour atteindre l’Europe. C’est ainsi que dans ces pays le thé a été désigné par un mot commençant par “t” : tea, tee, thé… car il a pour origine la prononciation “t’e” du dialecte Minnan. En revanche, les pays se servant du “tch” ou “ch” ont eux connu le thé par les routes commerciales des caravanes de la soie, au travers du mot cantonnais “ch’a“. C’est le cas de l’Afghanistan, de la Russie, des pays d’Asie Centrale, de la Turquie, de l’Iran, du Moyen Orient, du Tibet et du Japon, pays pour lesquels le thé est arrivé avec le bouddhisme venant de Chine.

L'Empereur Shen Nong

La découverte du thé par l’Empereur Shen Nong

L’Empereur Shen Nong, qui régna sur la Chine de 2737 à 2697 avant Jésus Christ, se reposait sous un arbre. Son corps était humain, sa tête celle d’un buffle et tout son être dégageait quelque chose de divin. Il était aussi appelé le “Laboureur divin” ou le “Divin moissonneur” et c’est le dernier des Trois Augustes, les Empereurs mythiques (avec Fuxi, découvreur des trigrammes et de la divination et Huangdi, qui instaura les noms de familles et les rites). Père de l’agriculture, il était réputé pour être médecin et fin botaniste, et c’est justement pour que les hommes puissent travailler au champ qu’il veillait à leur bonne santé. On lui doit d’ailleurs le Shennong Bencao, le premier herbier de Chine. Afin de lutter contre les différentes épidémies de l’époque, il préconisait à ses sujets de faire bouillir l’eau avant de la consommer. Il aurait eu le ventre transparent afin de suivre les différentes actions des plantes sur son organisme, notamment des poisons qu’il ingérait pour étude.

Ainsi donc, la légende raconte qu’un jour où il avait consommé trop de poisons, il se reposait sous un arbre en buvant une tasse d’eau bouillie pour se purifier. Une brise se leva alors et fit tomber dans sa tasse frémissante quelques feuilles, qui tintèrent l’eau et dont les parfums le réjouirent. En goutant, il découvrit un breuvage à la fois riche en arômes et aux nombreuses vertus, dont celle de l’aider à se désintoxiquer. Il en reconnut tous les agents bienfaiteurs en observant son ventre transparent. Le thé, “Cha”, venait d’être découvert.

La découverte du thé par le Prince Bodhidharma

Bodhidharma était un prince indien qui au VIème siècle partit en Chine prêcher le bouddhisme et fonder la secte Ch’an, qui se développera au Japon, près de 6 siècles plus tard, sous le nom de zen.

La version japonaise

Il avait fait vœu de ne pas dormir pendant 9 ans, afin de répandre à travers le monde, et plus particulièrement en Chine et au Japon, les préceptes de Bouddha. La légende veut que, au bout de 3 ans, il tomba épuisé sur le bord d’un chemin et rêva de femmes. A son réveil, fou de colère envers lui-même, il s’arracha les paupières et les jeta à terre. Quelques années plus tard, repassa par ce chemin, il s’aperçut que ses paupières avaient donné naissance à deux arbustes. Deux arbustes dont les feuilles ont le pouvoir de maintenir éveillé…

La version indienne

Dans cette version, le prince, à la fin de sa vie, resta en méditation pendant 9 ans face à un rocher. Après quelques années, il finit par être légèrement las. Il se résolut alors à mâcher quelques feuilles de l’arbuste qui poussait à proximité. Ces feuilles permirent à son esprit de rester concentré et d’achever sa méditation de 9 ans sans bouger. Au fil des années, son image fut gravée dans le rocher et il perdit l’usage de ses jambes.

Le Prince Bodhidharma
Le vagabond et l'oiseau

Le vagabond et l’oiseau

Cet homme avait quitté son village à la recherche de l’Eveil. Après plusieurs années et de nombreuses épreuves, il était devenu un vagabond. Un soir, las, il s’assit sous un arbre qui était un théier, dans une forêt dense. Il alluma un feu et repensa à tout ce qu’il avait vécu et vu. Quelques morceaux de lumière et de vérité, mais point d’Eveil. Alors qu’il se décourageait, il entendit un oiseau chanter du haut de son arbre : “j’ai la vérité, et elle est à celui qui viendra la chercher !“. Alors l’homme entreprit une escalade longue et difficile. Plus il montait à la découverte de cette dernière vérité et plus il devait lutter contre le vertige. Il parvint enfin à la cime de l’arbre, se guidant au chant de l’oiseau, mais ne l’apercevait jamais. Du haut de son arbre, tandis qu’il voyait le soleil se coucher et les étoiles apparaitre, la voix lui dit : “tu es venu accueillir une dernière vérité alors reçois-la et pars l’offrir aux hommes qui te croiront.” Alors toutes ses questions se changèrent en réponses et ses réponses en questions. Les morceaux de vérité qu’il avait acquis au fil de sa recherche de l’Eveil se muèrent en une seule nouvelle vérité, entière et multiple. Son coeur se mit à sourire et, éveillé et léger, il put chevaucher les vents d’une sauvage sagesse… Les feuilles du théier lui avait permis l’Eveil.

 

Conclusion en dehors des légendes

Dans ces légendes, nous sommes bien entendu en présence de théiers sauvages. La légende chinoise, qui présente le thé sous son aspect médicinal, fait remonter l’utilisation du thé très loin dans le passé. Il semble toutefois qu’il s’agisse d’une confusion avec le sinogramme “T’u“, une plante amère. Mais le thé tel que nous le connaissons n’a certainement pas été consommé peu avant notre ère. Il apparut d’abord comme plante médicinale sous les Han de l’Ouest (206 avant Jésus Christ à 24 après Jésus Christ). C’est très probablement à partir de la fin de la dynastie des Han de l’Est (25 à 220) et pendant l’époque des Trois Royaumes (220 à 280) qu’il était consommé quotidiennement.

Théiers sauvages dans le Yunnan
Champ de théiers en Inde
Champ de théiers en Chine
Estampe japonaise faisait apparaitre le thé

Les légendes indienne et japonaise, quant à elles, font remonter l’origine du thé beaucoup plus tardivement, quelque part au VIème siècle. Les premiers théiers japonais furent apportés au IXème siècle et ce sont les moines zen qui développèrent sa culture. En Inde, le théier fut découvert au début du XIXème siècle, étant d’abord le privilège des tribus de l’Assam.

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