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Kagami en bronze de la fin de l’ère Edo

par | Actualisé le 26 septembre 2017 | Publié le 14 décembre 2016 | Autres Objets d'Asie | 0 commentaires

Kagami de la fin de l'ère Edo

Un Kagami est un miroir japonais en métal, possédant une face polie et une face décorée. Ancêtres du miroir actuel, bien que ce ne fut pas leur fonction première, ils furent utilisés jusqu’à la fin de XIXème siècle, les premières traces datant de l’ère Yayoi (s’étalant de -400 à 250). Leur fonction première était culturelle et symbolique : le miroir était en effet un objet rituel entrant dans le cadre du culte de la déesse shintô du soleil, Amateratsu. Le miroir était aussi considéré comme le symbole de l’honnêteté et de la vérité. Cette symbolique s’explique tout simplement par la propriété même du miroir, renvoyer fidèlement le reflet de la réalité.

Ce Kagami ci date de la fin de l’ère Edo (1600-1868) et est en bronze tandis que la poignée est entourée de rotin. Il s’agissait visiblement d’un cadeau de mariage (nous y reviendrons). Sur certains sites spécialisés dans les antiquités, l’on voit que son prix estimé est de 200-260 €.

Nous allons vous expliquer ci-dessous comment nous sommes tombés dessus et nous détaillerons ensuite son histoire et ses bas-reliefs.

Mais comment sommes-nous tombés sur ce Kagami ?

C’est une bonne question ça ! Vous vous souvenez probablement que lors d’une ballade sur un vide grenier, nous étions tombés sur cet ensemble de dégustation en argile zisha à vil prix. Sur ce même vide-grenier, nous avons aperçu cet étrange objet, qui nous a attiré. Nous ne savions absolument pas de quoi il s’agissait. Nous avons alors demandé au vendeur (visiblement un professionnel) ce que c’était et combien il en souhaitait. Ce à quoi il a répondu qu’il n’en savait rien… et que si nous le voulions il nous le donnait parce que ça le débarrassait ! Sympa, on accepte avec un grand sourire et mille remerciements sincères !

Arrivés chez nous, nous entreprenons de savoir de quoi il s’agit. Un sous-plat ? Une plaque qui se met sur le feu ? Mais ce n’est pas brûlé… Un machin qui sert à faire des bidules avec des trucs ? Probablement… Pour plaisanter, Aurélie observe son reflet dedans. Un miroir ? Pfff, n’importe quoi… (il ne brillait pas tant à ce moment, il a fallu une bonne dose de Miror, d’huile de coude et de chiffons pour en arriver là).

Un petit tour sur l’ami Google quand même par acquis de conscience. “Miroir chinois“, rien. Mais l’Asie ne se résume pas qu’à la Chine. “Miroir japonais“, bingo ! Et nous découvrons que cela s’appelle un Kagami. Sur un site spécialisé en antiquités, nous découvrons également exactement ce modèle, avec son âge (fin de la période Edo donc, soit fin XIXème), son prix estimé (200-260 €) et surtout les explications de ses bas-reliefs.

Kagami en bronze, vue d'ensemble
Face réfléchissante du Kagami

Détails et explications des bas-reliefs

Avant d’aller plus loin sur les détails, commençons par les dimensions et les matières. 34 cm de diamètre pour un poids de 1,2 kg. Le manche est entouré de rotin et l’ensemble est fait de bronze coulé. Et puis voilà, on ne va pas y passer la journée !

Sur le bas-relief, nous voyons tout d’abord deux grues, un sapin et une tortue, au bord d’une rivière. Ce type de paysage symbolise l’éternité et l’harmonie. La paire de grues est un symbole de longue vie ensemble tandis que la tortue représente la longévité. Le pin quant à lui est un symbole de bonheur commun. Enfin, les deux grands caractères (高 et 砂 – Takasago) sont le titre d’une pièce de  et font référence au fait que les pins japonais ont une seule racine (donc symbole d’unité). Tous ces éléments sont le signe que ce modèle de Kagami était offert en cadeau de mariage.

Détail du kagami, première grue
Détail du kagami, deuxième grue
Détail du kagami, pin
Détail du kagami, tortue
Détail du kagami, premier caractère
Détail du kagami, deuxième caractère

Le long du côté gauche, nous voyons une signature : 天下一 岩井丹波守正保. Il s’agit du nom du forgeron, Tambanokami Masayasu Iwai. Il déclare être maître artisan de la région d’Osaka et être né à la fin de la période Edo.

Détail du Kagami, signature
Détail du Kagami, manche en rotin

En guise de conclusion

Voici donc notre kagami, dont nous ne sommes pas peu fiers ! Très clairement, vous l’aurez compris, ce n’est en rien un objet du thé. Toutefois, il peut accompagner avec plaisir nos Chaxi Mandala. Il est également très beau derrière notre bateau à thé affublé de son hohin. Et même si ça n’a aucun rapport avec le thé, tout objet asiatique peut accompagner un bon thé !

N

Cet article est terminé !

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