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Suiseki : Le magnifique art asiatique des pierres

par | Actualisé le 27 mai 2018 | Publié le 16 mars 2018 | Autres Objets d'Asie | 0 commentaires

Suiseki : Le magnifique art japonais des pierres

Nous vous avons déjà parlé du kokedama, cet art japonais à mi-chemin entre l’ikebana (l’art japonais des fleurs) et le bonsai. Mais il y a d’autres formes d’arts japonais qui peuvent avantageusement accompagner la pratique du thé, qu’il s’agisse du chanoyu (la cérémonie japonaise du thé), du chaxi mandala ou même du gong fu cha, la fameuse cérémonie chinoise du thé.

Parmi ces formes d’art japonais, l’on retrouve le Suiseki, l’art japonais des pierres.

Découvrons ces paysages de pierre dans lesquels on aime à se perdre en buvant le thé !

Le suiseki (水石, littéralement “pierre travaillée par l’eau“) est, on l’a vu, un art japonais ayant recours à des pierres de forme particulière. Les collectionneurs de suiseki recherchent alors des pierres dont la forme ou le graphisme évoque un animal, une figure humaine, un paysage ou encore une belle forme abstraite. Ce sont les pierres noires, dures et lisses qui sont traditionnellement les plus appréciées. Pour être mise en valeur, la pierre est posée sur un daiza (un support d’ornement en bois, taillé sur mesure et ajusté), un suiban (une coupe en grès plate et non percée) ou encore un doban (une coupe en bronze remplie d’eau ou de sable pour les pierres représentant des îles).

Origine et histoire

Dans la tradition shintoïste, les kami (les divinités ou esprits) résident en tout élément de la nature. Ils sont alors présents dans un torrent, un bel arbre (d’où l’art bonsaï) ou une pierre étrange. Ce sont ces pierres étranges que l’on nomme Suiseki.

Les premières traces du suiseki remontent au Vème siècle, lorsque l’impératrice Suiko reçu de la cour impériale chinoise un paysage de pierres miniatures. Pendant cette première période, le suiseki est de style chinois (voir photos ci-dessous), aux pierres souvent colorées, abstraites, très érodées. Le suiseki est un objet symbolique, aussi bien pour les bouddhistes que pour les taoïstes et les shintoïstes.

Suiseki sur un daiza (source : saguntbonsai.es)

Au Japon entre les XIIIème et XVIème siècle, l’influence du bouddhisme zen fait préférer les pierres simples, épurées et sombres. C’est ainsi que l’ascétisme des moines zen influença fortement les classes dirigeantes japonaises durant la période Muromachi (1336 – 1573) (voir par exemple la pierre Yume no Ukihashi de l’Empereur Go-Daigo, exposée au musée Tokugawa).

C’est également à cette époque que se développe l’art du thé au Japon. On dit ainsi que le chef de guerre Oda Nobunaga (1534 – 1582) aurait envoyé un suiseki nommé « pin des montagnes éternelles » (sue no matsuyama), ainsi qu’un délicat bol à thé, en échange de la forteresse de Ishiyama (en lieu et place de l’actuel château d’Osaka), en 1580. Sen no Rikyu (1522 – 1591), maitre réputé de la cérémonie du chanoyu, était également un grand amateur de suiseki. Il fut probablement à l’origine de la tradition consistant à placer une pierre simple et discrète dans l’alcôve traditionnelle des pavillons de thé, sous une estampe ou une calligraphie.

Au début de l’ère Meiji (1868-1912), l’art du suiseki déclina et tomba dans l’oubli : avec la disparition de la puissante caste des nobles et des samouraï déclina, la classe des commerçants se tourna vers d’autres arts. Ce n’est que dans les années 1950-1960 que l’art du suiseki refera son apparition. Depuis 1961, l’Association japonaise de suiseki organise une exposition chaque année, à Tokyo, en collaboration avec l’Association japonaise de bonsaï.

 

Quelques pierres de style chinois en photo

(note : ces pierres ne sont pas à nous mais à la maman de Robin. Merci pour le prêt pour les photos ! )

Suiseki bleue
Suiseki bleue, détail
Suiseki bleue, détail
Suiseki rouge, détail
Suiseki rouge, détail
Suiseki rouge
Suiseki blanche
Suiseki blanche, détail
Suiseki blanche, détail

Celles et ceux d’entre vous qui ont lu Le Dieu venu du Centaure de Philip K. Dick comprendront (et les autres, lisez ce superbe livre complètement barré ! ) : Voyager dans ces magnifiques paysages en buvant son thé, c’est comme translater dans un combiné poupée Pat en ingérant du K-Priss !

Qu’il est bon de se perdre dans ces paysages en buvant son sencha !

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